Les violences éducatives ordinaires et extra-ordinaires

enfant avec les mains sur les oreilles

Les violences éducatives, quelles soient ordinaires ou extra-ordinaires, de quoi parle-t-on exactement ?

C’est crier, frapper, donner des coups de ceinturon, punir, hausser la voix ou froncer les sourcils ?

Bien sûr, il y a les définitions officielles qui vous expliqueront que le lit de la violence est le non respect de l’individualité même de l’enfant, que profiter de son statut d’adulte pour imposer, influencer, contraindre un enfant est violent, qu’à partir du moment où il y a rapport de force entre un adulte et un enfant, il y a un problème. L’adulte est là pour soutenir et accompagner l’enfant dans son développement.

Pour certains, il est choquant de crier sur enfant ; d’autres font le choix, en cas de crise, de taper avec un chausson parce que ça fait moins mal que le ceinturon.

Alors y a t-il des bons parents et des mauvais parents ?

C’était la journée des droits de l’enfant il y a quelques jours, et un des droits fondamentaux de l’enfant est d’être éduqué sans violence. Mais que met-on derrière cette notion ? Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? A quel moment, lorsqu’on est parent, a-t-on conscience d’être ou de ne pas être dans de la violence éducative ?

Il y a la loi et les définitions officielles des violences éducatives qui nous donnent de plus en plus de repères, mais ce qui va guider le parent au moment ou la colère monte c’est sa définition à lui de la violence et celle-ci est toute personnelle.

Elle est le reflet de son histoire, empreinte de ses expériences d’enfant et du sens qu’il leur a donné pour pouvoir se construire.

Car quand on est petit et que l’ont subit de la violence ou que l’on en est témoin, il est nécessaire d’y mettre du sens pour pouvoir continuer à vivre … Alors certains se diront que c’est de leur faute, d’autre que ce n’est pas si grave, que ça ne fait pas si mal que ça ou bien que c’est normal ou encore il auront tout simplement oublié ….

Et puisque un coup ou une insulte, ça ne fait pas si mal que ça … Quand je pète les plombs et que je le fait à mon tour, que je reproduit cela sur mon propre enfant, ce n’est pas si grave que ça … La logique est implacable.

Seulement à ce moment-là, c’est ma tête qui parle, mon cerveau logique. Mais dans le fond de mon coeur, je sens bien que quelque chose ne va pas ….

Alors y a t-il des bons parents et des mauvais parents ?

J’ai toujours une pensée, lorsque je partage sur les réseaux sociaux les publications contre les violences éducatives, en direction de ce papa qui hier a pèté les plombs ; de cette maman qui la semaine dernière, a crié sur son fils ; de ce parent qui, il y a trois semaines à giflé son enfant …. Comment se sent-il en lisant cet article qui stipule bien qu’il ne faut pas être violent avec son enfant, qui explique toutes les conséquences des violences sur le cerveau de l’enfant ?

Se sent-il concerné ? Peut être qu’en toute sincérité il n’a pas l’impression de faire mal à son enfant.

Lire un article lui permettra-t-il de prendre conscience que son comportement est préjudiciable pour son enfant ?

Se sentira-il coupable ? Si c’est le cas, va-t-il se taire, se cacher, continuer ?

Sait-il faire autrement ? Nos automatismes comportementaux sont parfois très résistants !

Va-t-il prendre conscience de l’impact que cela a sur le développement de son enfant, sur ses structures cérébrales, sur leur relation à tout les deux ?

Va-t-il chercher à réparer, à s’excuser, à faire différemment ?

Même si la violence nous est familière, il est possible de trouver un autre chemin, il est possible d’apprendre à faire autrement, il est possible de briser le cercle de cette violence !

Prendre conscience des conséquences pour notre enfant des actes que nous  posons, reconnaitre que nous pouvons être dans le cercle de la violence éducative, sentir la culpabilité lorsqu’on a porté préjudice à quelqu’un,  sont les premiers pas vers le changement et la réparation du lien. 

La culpabilité n’est pas un sentiment agréable certes, mais c’est grâce à lui que je vais pouvoir travailler à réparer la relation et trouver la motivation pour apprendre à faire différemment.

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